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Banquette arrière

Pierre de Frebourg

Paroles et musique : Pierre de Frebourg

La polémique récente des "uber files" me rappelle de vieux souvenirs... Il suffit de relire les billets relatifs à la guerre du transport public particulier de personnes que j'ai écrit depuis 2012... C'est derrière moi à présent tout ça, mais je ne peux m'empêcher d'exhumer un vieux document datant de 2014,

Paroles et musique : Pierre de Frebourg

La polémique récente des "uber files" me rappelle de vieux souvenirs... Il suffit de relire les billets relatifs à la guerre du transport public particulier de personnes que j'ai écrit depuis 2012... C'est derrière moi à présent tout ça, mais je ne peux m'empêcher d'exhumer un vieux document datant de 2014, qui démontre les méthodes employées par les flibustiers californiens à l'assaut du droit français, encourageant la fraude sociale et la fraude fiscale d'au moins un chauffeur cherchant à s'inscrire au service "Uber Pop". J'ai tourné la page. Terminé le transport public particulier de personnes. Dix ans d'activité professionnelle pour rien, emportés par la dérégulation du secteur, avec une boîte qui n'a fait que cumuler des pertes pour tenter de proposer aux chauffeurs de taxi une appli similaire qui les mettaient en relation avec des clients et qui respectait la Loi. Pour rien, une fois encore. Les actionnaires et les délégués syndicaux du groupe dont cette entreprise était la filliale doivent aujourd'hui certainement apprécier d'apprendre qu'un Ministre de l'Economie et des Finances de la République a oeuvré pour favoriser l'implantation d'une entreprise qui ne payait pas (ou quasiment pas) d'impôts en France, et ne respectait pas la réglementation à laquelle nous étions assujettis... Je n'ai pas oublié les questions posées légitimement par mes anciens collègues, dont la prime d'intéressement était minorée par les résultat de la filliale déficitaire : Mais pourquoi continue-t-on à financer cette activité qui n'est pas rentable ? Quel est le montant des pertes cette année ? Au passage, je souhaite rendre hommage au Président qui se reconnaîtra en lisant ces lignes et qui m'a toujours maintenu sa confiance, comprenant que nous nagions dans un univers concurrentiel "très particulier" avec une violence décomplexée dans les méthodes employées "uber alles" d'un côté, et le "conservatisme", pour ne pas employer d'autres termes de certains chauffeurs de taxi (pas tous heureusement) qui ont desservi voire fait honte à leur profession. Pour ma part, je me suis fourvoyé dans une impasse dont il était impossible de sortir, le choix était simple : soit on arrête et tout ce qui a été investi est perdu; soit on continue, pour tenter de retrouver l'équilibre plus tard. Il arrive un moment ou "plus tard" devient synonyme de "jamais". Alors il faut sauver ce qui peut l'être (six salariés sur sept ont retrouvé un poste), et partir pour le septième. Rupture conventionnelle. Et rebondir. Burn-out, bilan de compétences qui débouche sur quoi ? Oser vivre ce qu'on ressent au plus profond de soi-même. Même si c'est à l'opposé de ce qu'on a été précédemment. Artiste. Musicien. Auteur compositeur interprète. Alors, j'ai écrit récemment "banquette arrière". Une chanson de six minutes qui ne sera jamais diffusée publiquement, qu'on entendra jamais sur les ondes. Trop longue, politiquement incorrecte, pas "feel good music" pour satisfaire les critères du marketing musical. (Eh oui, bien sûr, la musique c'est un marché comme un autre. Juteux, pour qui sait sortir du lot et conserver un maximum de droits, entre ceux d'auteur, compositeur, interprète, producteur, éditeur, etc... Patrick Hernandez avec qui j'ai échangé récemment ne dira pas le contraire ;-) ). Alors oui, je ne suis pas dans une posture de séduction du marché. (C'est sûrement une tendance lourde chez moi). Mais c'est assumé. Car cette chanson a quelque chose de salvateur, libérateur pour moi. Elle m'a permis d'écrire et dire ce que j'avais à dire sur cette observation de dix années d'activité professionnelle dans le secteur du transport public particulier de personnes. Je la mets ici en libre écoute. Comme un témoignage au plus près du réel. La voilà, cliquez ici pour l'écouter

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Déposée le 20 Juillet 2022 à la SACEM 
En cours d'immatriculation. 
Code ISRC n° FR-9W1-22-28576

PAROLES 

Il faut ouvrir la portière, au locataire au résident 
Au résident du bail précaire, qu’on renouvelle tous les cinq ans ! 
Aucun mal à le reconnaître, au verre teinté de sa fenêtre 
Le clin d’œil et le sourire fier, celui du banquier aux affaires... 

Signe en ligne le beau formulaire, et change ton prénom pour « Hubert » 
On t’a dit d’traverser la rue, y’a qu’à se baisser c’est entendu ! 
Y’a des experts au Ministère, pour drainer l’fric au Delaware 
Pour l’argent public c’est que dalle, des r’cettes en moins pour l’hôpital ! 
Juste un détail ! 
A toi les miettes du numérique celles des data-centers du fric 
Bercy aura les yeux fermés sur les montages optimisés… 
Aux Bermudes ou au Pays-Bas, fini le port du bermuda ! 
Faut bien t’acheter une dignité : un kebab en costume croisé ! 

A peine le temps d’aller pisser, toutes les courses il faut accepter 
Si tu veux remplir l’frigidaire y’a l’algorhitme à satisfaire ! 
Tu mènes au bal des hypocrites, des élégantes émérites 
De la bonne société d’en haut celle qui f’rait tout bien comme il faut ? 

Silencieux et atrabilaire, toi le manant l’homme à tout faire 
Tu t'en veux d’ouvrir la portière au fond personne ne t’considère... 
Cinq étoiles de satisfaction, sinon c'est la déconnexion 
Et si tes comptes ne sont pas bons, augmente la sueur de ton front ! 

Enchaîne donc tes mains au volant, ne t’endors pas sois endurant 
Prends des substances en conduisant ! Mais n’réveille pas le résident ! 
Dans son palais sous ses draps blancs, compte les moutons, compte l’argent 
Du téléphone intelligent qui rend aphone et méprisant ! 
Derrière l'écran 
L'arrogance a de belles manières ne t'inquiète pas elle sait y faire 
La suffisance au kilomètre qui mène l’esclave jusqu'à son maître. 
Il faut bien des contreparties, pour financer un bon parti ! 
Toi t'as juste ta gueule et tes tripes, pour la fermer jusqu’au casse-pipe ! 

Dans l'indifférence on t'enterre, ni fleurs ni couronnes au cimetière, 
Ça y est tu t'es fait débarquer, un autre t’a déjà remplacé. 
Mais quand est ce qu'ils vont prendre cher ? Quand vont-ils mordre la poussière ? 
Tous ceux qui en ont bien croqué de la galette du négrier ? 
Mais pardonne moi si j'suis vulgaire, j’en connais un prêt à l’refaire 
Quitte à nous exhiber sa paire, à poil sur la banquette arrière ! 
Mais pardonne moi d’être trop sincère, j’en connais un qui n’manque pas d’air 
Pour nous la mettre tous à l’envers, la République en marche arrière ! 
Bien profond sur la banquette arrière !